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Preview Playoffs: Toronto Raptors – Philadelphia 76ers

Nous y sommes. Après un premier tour qui aura assez vite tourné à la boucherie, nous aurons bel et bien droit au fameux battle royale entre les 4 gros bras de la Conférence Est. Milwaukee affrontera donc Boston quand Philadelphie ira défier Toronto.

S’agissant des deux équipes qui nous intéressent, il est relativement inutile de tenter de tirer des conclusions de ce premier tour, car toutes deux auront finalement très largement profité d’un adversaire dont les lacunes étaient rédhibitoires pour espérer quoi que ce soit sur la longueur d’une série de playoffs.

Etant donné que les faiblesses des deux équipes sont assez similaires et que nous avons déjà proposé une description du jeu proposé par nos protégés lors de la preview de la première série, nous vous proposerons donc ici un portrait des Raptors avant d’essayer de voir comment nous pourrions avoir une chance.

Commençons par tenter de profiler le monstre venu du Canada.

Toronto

Mettons tout de suite fin aux idées reçues: cette escouade n’a strictement rien à voir avec celle des années précédentes, qui était moquée pour sa tendance à mouiller la culotte dès lors qu’un certain LeBron James leur faisait face.

La première chose qui saute aux yeux avec les Raptors, c’est qu’ils sont de très loin l’équipe la plus expérimentée des 16 qualifiées en playoffs.

Juste pour que vous réalisiez, prenons un 5 ultra schématique avec Ibaka et Gasol à l’intérieur. Savez-vous combien de « capes » en playoffs ont ces 5 joueurs ?

  • Lowry: 67 matchs
  • Green: 105 matchs
  • Leonard: 92 matchs
  • Ibaka: 114 matchs
  • Gasol: 64 matchs

Oui, cela fait 442. Flippant. A titre de comparaison, Philadelphie passe à peine les 150, dont 103 pour le seul JJ Redick…

En outre, dans ce 5, vous avez trois titres de défenseur de l’année (un pour Gasol, deux pour Leonard), un joueur qui a été à un cheveu de l’avoir (Ibaka, qui a fini 3e derrière LeBron James et… Marc Gasol) et surtout un joueur calibre MVP en la personne de Kawhi Leonard.

Pour terminer sur cet aspect expérience, ces cinq joueurs cumulent 56 saisons dans la ligue. Green et Leonard ont été au bout avec San Antonio. Ibaka a été en finale avec le trio Westbrook-Harden-Durant. Enfin, Marc Gasol et Kyle Lowry ont tous les deux été en finale de conférence.

Si ce facteur là est toujours à relativiser (on l’a vu l’an passé face à Boston quand ce sont les vétérans qui ont fait des erreurs de rookie), l’écart est tellement immense entre les deux formations qu’il est impossible de ne pas l’évoquer.

Passé ce côté expérience, parlons de la plus grande force de cette équipe, à savoir la défense.

Sur la saison régulière, si l’on prend le segment après l’arrivée de Marc Gasol, les Raptors ont la 3e défense de la ligue.

Au delà de ça, ce qui rend l’équation insoluble quand on fait face à Toronto, c’est que depuis l’échange précité, ils peuvent jouer absolument tous les types de défense possibles et imaginables. Ils disposent ainsi d’un set fait pour switcher avec Lowry-Green-Leonard-Siakam-Ibaka mais peuvent tout à fait défendre de manière très classique (en drop) avec Marc Gasol en pivot. sans que cela n’ait tellement d’incidence sur leur attaque, Gasol servant de hub poste haut et Ibaka de poseur d’écran et de menace sur le dunker spot.

Côté attaque, même si on distingue assez nettement un mode avec/sans Leonard (chose qu’on peut critiquer) il n’en reste pas moins que ça marche très très bien: que ce soit sur l’ensemble de la saison ou la période avec Marc Gasol, les Raptors sont la 5e attaque de la ligue.

De plus, si on pouvait légitimement nourrir des doutes sur la légitimité de Pascal Siakam en 2e option offensive sur une configuration playoffs, ils ont été en partie dissipés lors du premier tour. Attention néanmoins à l’aspect mental: contre le Magic, Toronto avait beaucoup de marge. Contre Philadelphie, il y en aura beaucoup moins. A voir notamment s’il continue d’être adroit derrière l’arc, chose qui peut être une des clés de la série.

Quoi qu’il en soit, même si cette équipe aura peut-être du mal à véritablement imposer son jeu offensif, elle aura toujours une solution: si Leonard n’est pas adroit, sa création collective pourra compenser. Si le collectif bégaie, le finals MVP 2014 mettra les tirs dont ils ont besoin. Si rien ne marche, leur défense les maintiendra toujours à portée de tir.

S’agissant de Philadelphie, étant donné que l’équipe n’a pas changé et qu’elle fait toujours les mêmes erreurs, je vous renvoie à la preview de la première série, où vous trouverez une description point par point.

Après avoir étudié les forces des deux adversaires, tournons-nous vers leurs faiblesses et sur la question de comment ils peuvent en tirer parti.

Quels peuvent être les points chauds de cette confrontation ?

Les clés de la série

Quatre points se détachent ici avec une particulière acuité:

  • Les bancs
  • La défense de Gasol sur Joel Embiid
  • Le spacing des deux équipes
  • Les pertes de balle générées par la défense des Raptors

Le premier concerne évidemment les bancs. D’un côté vous avez une escouade des Raptors qui a de grosses limites entre l’adresse à 3 pts de Serge Ibaka voire Norman Powell il y a quand même une sacrée différence avec celui de Philadelphie, qui lui est tout simplement apocalyptique..

Globalement, si le banc de Toronto a des défauts, cela reste des joueurs qu’il est tout à fait possible de laisser sur le terrain en playoffs. Si leur apport sera limité en attaque, au moins ne seront-ils pas pénalisants de l’autre côté du terrain.

Philadelphie, à l’inverse (et c’est là l’énorme limite de cette équipe) n’a aucun joueur dans son effectif qui soit digne de fouler le parquet sur une série de playoffs.

TJ McConnell est un tueur de spacing et une cible très facile en défense. Boban Marjanovic n’est d’aucune utilité excepté quand il est adroit (ce qui n’est même pas forcément rentable). Jonathon Simmons est un cancer ambulant, tout comme James Ennis. Jonah Bolden est trop vert. Mike Scott est un mauvais défenseur et n’est pas adroit. Quant à Zhaire Smith, Brett Brown ayant refusé catégoriquement de le faire jouer au tour précédent, il n’y a a priori aucune chance de le voir ne serait-ce qu’en tenue… et même en admettant qu’il joue, gagner une série de playoffs à six n’est pas du domaine du possible. Alors à cinq…

Passons à ce qui peut être l’aspect le plus douloureux pour nous: Gasol face à Embiid.

Nombreux sont ceux à ne pas y croire sur la longueur d’une série.. et ils se plantent lourdement.

Reposons simplement les choses.

Marc Gasol est un défenseur d’exception, doté d’un QI défensif très élevé. Il sait parfaitement défendre au poste bas et n’a aucun problème avec le défi physique.

En outre, il s’agit d’un géant extrêmement massif de 2″16 pour 120kg. Autant dire qu’il est tout à fait inutile d’essayer de simplement l’enfoncer, vous n’y arriverez pas. Vous pouvez toujours tenter de pousser un mur à deux mains, même si vous vous appelez Gregor Clegane, vous n’y arriverez pas.

Or justement, le plus gros défaut d’Embiid, c’est qu’il se contente beaucoup trop souvent de tenter d’enfoncer son adversaire.. et quand il n’y arrive pas, il a une forte tendance à se frustrer et à faire n’importe quoi (au hasard: envoyer 3 briques d’affilée à longue distance).

De là à dire que cette série peut virer au drame, il y a quand même un pas que je ne franchirai pas. Néanmoins attention car c’est une vraie possibilité et in fine, tout dépendra de ce qu’aura préparé Brett Brown pour cette série.

On poursuit avec la problématique du spacing.

Des deux côtés, il sera difficile de proposer des lineups avec plus que 3 floor spacers de qualité. Pour beaucoup de joueurs, cette série risque d’être un révélateur de ce qu’ils ont vraiment dans le ventre sur ce plan.

De manière générale, pour reprendre une analyse très juste qui était exposée dans le podcast l’Echo des Parquets (que je vous invite à écouter), si votre spacing est mauvais, cela va largement diminuer l’impact de vos points forts. A l’inverse, s’il est bon, vos faiblesses se verront beaucoup moins, ne serait-ce que parce que vous aurez toujours la possibilité d’avoir un soir où l’adresse est élevée et vous permet de gagner uniquement là dessus.

Cette analyse se vérifie à même à l’échelle individuelle: on ne compte plus les joueurs ont fait carrière en jouant très au dessus de leur niveau uniquement grâce à qualité de leur shoot.

Si l’on applique cela à la série, le moins qu’on puisse dire est que cela laisse présager une série assez moche sur le plan offensif, avec des défenses qui blindent la raquette et un mano a mano en règle entre Butler/Embiid et Leonard/Siakam.

Mon dernier point est justement la différence entre les deux défenses.

Philadelphie est une équipe qui a la fâcheuse habitude de perdre énormément de ballons. Face à une équipe qui regorge de profils physiques extrêmement longs, il va falloir protéger la balle au maximum.. chose que jusqu’à présent les 76ers n’ont jamais su faire.

Sur bien des aspects, les Raptors ressemblent à une véritable nightmare matchup pour notre équipe.

Pouvons-nous réaliser l’exploit ?

Le pronostic

La grande force de Philadelphie est d’avoir la possibilité de forcer le jeu tout au long d’une rencontre grâce au talent de ses stars.

Néanmoins, personne ne gagne de série avec seulement 5 joueurs valables et face à une défense qui va leur faire perdre des tonnes de ballons, on voit mal comment cela pourrait suffire à prendre plus d’un match.

Pronostic: Toronto Raptors 4 – 1 Philadelphia 76ers

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