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Preview Playoffs : Philadelphia 76ers – Brooklyn Nets

Nous y voilà enfin. Après une saison riche en rebondissements, les playoffs sont enfin là.

Du côté de Philadelphie, les fans auront eu plus que leur content de péripéties : Zhaire Smith blessé pour plusieurs mois, un premier gros échange afin de ramener Jimmy Butler en Pennsylvanie, un second pour faire venir Tobias Harris, une foule de petites blessures, un banc catastrophique…

Pour résumer la situation, il suffit de compter le nombre de joueurs qui auront porté le maillot étoilé cette année : 26.

Tout est dit.

Plutôt que de vous proposer une espèce de preview policée remplie de blabla comme vous en verrez partout, nous vous proposons un petit cheminement intellectuel jusqu’à un pronostic.

Ainsi, pour tenter de déterminer l’issue de la série, nous reprendrons la pensée de Sun Tzu: « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. Si tu ignores ton ennemi et que tu teconnais toi-même, tes chances de perdre et de gagner seront égales. Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites. « 

La première question est donc la suivante: qui est notre ennemi ?

Brooklyn

Bon, on ne va pas se le cacher, les Nets, en dépit de leur qualification en playoffs, restent une équipe faible voire très faible.

Simple constat: contre les équipes qualifiées en playoffs, les hommes de Kenny Atkinson n’ont remporté que 15 victoires, dont 4 contre Detroit et Orlando (LOL..) et 3 en toute fin de saison contre des équipes qui n’avaient plus rien à jouer et ont largement fait tourner (Celtics, Bucks et Pacers).. ce qui ne nous fait donc qu’un bilan ajusté de 8 victoires. Pas fameux.

Passons.

Tout au long de l’année, Kenny Atkinson a pu compter sur une vraie continuité par rapport à l’an dernier avec un roster identique et quelques blessures mais pas trop. Sur ce plan, il fut même béni des dieux puisque Caris LeVert, malgré une chute terrible, a pu revenir assez miraculeusement au bout de quelques mois au lieu d’être out pour toute la saison.

Malheureusement, ce dernier a beaucoup de mal à revenir au niveau qui était le sien au début de saison et qui en faisait le favori pour le trophée de MIP. Pour information: des 19 points de moyenne à 56% aux tirs réels d’avant sa blessure, il est tombé à 11 points à 48%. Compliqué, d’autant plus qu’au delà de ça on sent vraiment qu’il a du mal à retrouver ses sensations.

Comment les Nets ont-ils bien pu aller en playoffs en dépit de cela ?

Trois choses.

Tout d’abord, un coaching de grande qualité; une utilisation très judicieuse de l’effectif, qui a permis de maximiser ce dernier tout au long de la saison et d’ainsi compenser la – disons-le – très forte pénurie de talent.

Le deuxième point, qui est assez évident, est la faiblesse assez dramatique de la Conférence Est. Désolé, mais voir une lutte entre Brooklyn, Orlando, Charlotte, Miami et Detroit pour aller en playoffs, ça faisait plus mal au cœur qu’autre chose sachant que de l’autre côté les Kings et les Lakers l’équipe de LeBron James sont restés sur le carreau.

Le dernier point est d’ordre défensif.

Sur le papier, l’effectif des Nets ne paye absolument pas de mine. Il est même riche en joueurs qui peuvent s’avérer être des proies très faciles une fois en playoffs.

Toujours est-il que depuis le All-Star Break, force est de reconnaître que les mecs ont réussi, à force de discipline et d’effort, à couper les vivres à tous leurs adversaires. Résultat: 4e défense de la ligue, avec environ 107 points encaissés pour 100 possessions.

Comme quoi, même quand on ne dispose d’aucun fort défenseur mais qu’on a un coach et de l’envie..

Juste, pour ceux qui en sont encore à dire que Jarrett Allen est un énorme défenseur, petit cadeau made in BBallIndex.com.

Sympa pour dévier les drives, ça oui. Grand défenseur pour autant ? Oh que non.

Pour en revenir à l’étude de cette très bonne défense des Nets, il est difficile, pour ne pas dire impossible, de l’imaginer viable sur une série de playoffs.

La raison en est simple: sur une configuration de saison régulière, avec l’enchaînement des matchs, la discipline peut vous emmener très haut, surtout avec une défense en ultra deep drop comme l’est celle de Brooklyn. «  » »Il suffit » » » d’être attentif, de suivre le gameplan et d’espérer que l’adversaire ne soit pas trop en réussite.

Sur un setting playoffs, face à des attaquants beaucoup plus forts, qui vont forcer des switchs, si vos joueurs sont des cibles ambulantes, vos chances d’exploser deviennent pour le moins considérables.

Partant, face à une attaque aussi forte que celle de Philadelphie, le moins qu’on puisse dire est que cela sent assez fortement le roussi pour les hommes de Kenny Atkinson.

Poursuivons.

Globalement, la grande qualité de ce roster, c’est d’avoir pu bénéficier d’une vraie continuité dans le travail avec un roster identique et quelques blessures mais pas trop. Sur ce plan, il auront même été béni des dieux puisque Caris LeVert, malgré une chute terrible, a pu revenir au bout de quelques mois au lieu d’être out pour toute la saison.

Seule petite alerte : ce dernier a beaucoup de mal à revenir au niveau qui était le sien au début de saison et qui en faisait le favori pour le trophée de MIP. Pour information, des 20 points à 56 TS%, il a fini avec 10 points à 48 TS%. Compliqué.. d’autant plus qu’il s’agit théoriquement de la 1ere option offensive new-yorkaise…

Côté terrain, Brooklyn est une équipe au jeu offensif assez pauvre.

Pour indication, voici leurs répartitions sur les plays les plus intéressants.

  • Isolation: 8%
  • Transition: 13,5%
  • P&R: 27%
  • Post-up: 1%
  • Spot-up: 22%
  • Handoff: 4%
  • Cut: 7%
  • Off-screen: 7%

Sur le terrain, cela se traduit par une sur-utilisation du pick and roll, avec soit des séquences qui se finissent soit avec un layup/dunk ou un alley oop soit le ballon est ressorti pour un shooteur derrière l’arc.

Malheureusement, ça ne marche pas très fort puisque depuis le All-Star Break, les Nets sont la 27e attaque de la ligue. Sur l’ensemble de la saison, ce n’est guère mieux puisqu’ils ne pointent qu’à la 19e place.

Sur le plan individuel, il n’est pas exagéré de dire que l’attaque reposait entièrement sur les décalages créés par Russell et l’efficacité d’Harris. L’ennui, c’est que quand on regarde les deux faces (volume et efficacité) de ces deux joueurs, l’un a une efficacité douteuse (53 TS%) et l’autre a un volume assez réduit (14 ppg)

La solution pour battre ces Nets est dès lors assez évidente: il faut les pourrir à l’intérieur et bloquer Russell.

Ça tombe bien, les 76ers ont parfaitement les armes pour y arriver.

Philadelphie

Pour une fois, nous allons très peu parler analytics. La raison en est fort simple: le front office ayant fait deux transferts de grande envergure, il est pour le moins hasardeux (excepté sur certains points) de prendre en compte des échantillons aussi réduits.

Commençons avec notre plus grande force, qui est le talent de notre 5 majeur.

Inutile de s’éterniser: cette année, nous avons le meilleur 5 de la ligue avec un net rating de 17,6.

De manière générale, le ceiling offensif de cette escouade fait peur à tout le monde et il y a de quoi : coller quasiment 120 points pour 100 possessions quand on n’a joué qu’une grosse vingtaine de matchs ensemble, c’est plutôt pas mal.

Cela fait d’autant plus peur qu’il y a encore beaucoup de choses à améliorer pour que l’attaque déroule complètement: Ben Simmons doit arrêter de perdre la balle une fois sur 4 en transition et doit devenir un meilleur roll man, le mouvement sans ballon autour des post-ups d’Embiid fait encore largement défaut, Jimmy Butler doit retrouver de l’adresse, Tobias Harris doit élever son niveau en défense. En bref, autant de scories qui devraient être résorbées d’ici à l’année prochaine.

Toujours est-il qu’un 5 aussi performant, en playoffs, ça peut vous emmener très très loin. Demandez aux Warriors.

Dernier point, et non des moindres: comme exposé plus haut, il va falloir démolir les Nets à l’intérieur.

Manque de bol pour eux, non seulement nous disposons de l’arme atomique en la matière, mais en prime nous avons une litanie de créateurs secondaires qui peuvent tous aller punir et exploiter les espaces créés par Embiid.

Passons à l’examen de nos faiblesses.

A l’instar des champions en titre, c’est du côté du banc que le bât blesse.

Comme cela a pu être expliqué à de nombreuses reprises par la petite communauté des fans des 76ers, nous allons devoir composer avec l’un des pires bancs de la ligue, qui est de loin le plus mauvais des 16 équipes qualifiées en playoffs.

Comment se fesse ?

Certes, nous avons un Brett Brown qui fait absolument n’importe quoi avec ses rotations et privilégie clairement ses protégés. Pour vous dire, lors du match contre Portland où nous ne prenions pas un rebond, il est venu nous expliquer qu’il a fait rentrer Amir Johnson (!!!) pour régler le problème.

Résultat : nous allons nous retrouver avec TJ McConnell et Amir Johnson sur le terrain au lieu de Zhaire Smith et Jonah Bolden.

Certes, rien ne dit qu’ils seraient bien meilleurs (quoique…), mais étant donnés qu’ils ne pourront pas être pires (compliqué en même temps) et que nous ne gagnerons pas le titre cette année, autant leur donner leur chance et leur faire engranger de l’expérience…

Tant pis.

En dépit de cela, il faut bien reconnaître que l’ami Brown est loin d’avoir le banc des Clippers. Loin, très loin de là. Au point que nous fans en étions réduits à nous enflammer sur les « « « flashs » » » qu’a pu proposer James Ennis sur la fin de saison (Spoilers : cela reste un joueur de G-League et un défenseur catastrophique).

A l’évidence, nous n’avons personne dans l’effectif qui ait le niveau pour jouer en playoffs à l’exception de Mike Scott, qui demeure problématique en ce qu’il est un défenseur limité.

La défense, ce fut justement l’autre talon d’Achille de cette équipe en saison régulière.

Évidemment, le chantier est grand, vu que l’équipe qui a été 3e défense de la ligue l’an passé n’est plus.

Malheureusement, avoir un banc en papier mâché se paie des deux côtés du ballon.

Quand il est sur le terrain, le 5 majeur encaisse environ 100 points pour 100 possessions, ce qui est excellent.

Problème : à cause de ce satané banc, les 76ers n’ont que la 16e défense de la ligue.. avec une moyenne à 110…

Pour faire simple, dès que Joel Embiid sort, vu qu’il n’y a plus Robert Covington pour colmater toutes les brèches, l’équipe n’est plus capable de défendre. Or vu qu’il se pourrait que l’ex Jay-Hawk manque le Game 1… attention.

Fort heureusement, vu qu’en playoffs les titulaires jouent 38 minutes en moyenne (souvent beaucoup plus), la problématique du banc se posera moins.

Côté terrain, les 76ers avaient deux grosses difficultés: défendre le périmètre et gérer les switchs générés par un stretch 5.

Pour la série qui nous intéresse, seule la première risque de véritablement poser problème, à cause de nos chers amis Russell et LeVert.

Il est très probable que ce soit un problème qui disparaisse maintenant que nous sommes en playoffs.

Deux raisons à cela : d’une part Butler va (normalement) enfin se sortir les doigts du cul et arrêter de passer paresseusement sous l’écran de manière systématique. D’autre part les Nets vont devoir faire très attention au piège redoutable que pourrait constituer la présence de Zhaire Smith si Brett Brown décidait de le lancer dans la bataille.

En effet, D’Angelo Russell est un bon joueur, mais avec des limites assez criantes en termes de création, que ce soit pour lui-même ou pour autrui. Or ici, toutes les conditions semblent réunies pour faire de ses premiers playoffs un véritable enfer: d’un côté une forte pression sur les épaules en tant que seule et unique menace offensive crédible et de l’autre une pression défensive tout aussi forte si Jimmy Butler et/ou Zhaire Smith et/ou Ben Simmons décident de lui pourrir la vie.

Au final, le point chaud de la série sera incontestablement la capacité des new-yorkais à marquer suffisamment pour rester en vie. Et perso, confier ma vie à un volume scorer à l’efficacité médiocre sur une série de playoffs face à 3 mecs qui ont soit le niveau soit le potentiel de All-Defensive teamers… non. Merci mais non merci.

C’est déjà une belle réussite en soi pour les Nets d’être en playoffs, mais malheureusement la série risque d’être très très longue pour eux étant donné le gros écart de niveau couplé au manque de menaces offensives qui soient legit face à une aussi grosse équipe.

Sur le résultat final, si l’on peut hésiter entre sweep et gentleman sweep, le pronostic de l’auteur de ces lignes ne fait guère de doutes. #SortezLesBalais

Pronostic: Philadelphia 76ers 4 – 0 Brooklyn Nets

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