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Preview Celtics-Sixers: Prélude à la nouvelle grande rivalité de la Conférence Est ?

Nous y voilà. Les 76ers ont rallié avec la manière les demi-finales de conférence. Ils affronteront des Celtics emmenés par le futur coach de l’année qui ont sorti des Bucks qui eux n’étaient visiblement.. pas coachés.

Privés de Gordon Hayward depuis le début de la saison, les Celtics ont également subi les pertes de Daniel Theis et surtout de Kyrie Irving en fin de saison. Par effet domino, les hommes de Brad Stevens se sont donc retrouvés à faire jouer Shane Larkin, Semi Ojeleye et à augmenter de manière significative le temps de jeu de leurs titulaires.

Les Celtics arrivent donc avec seulement deux jours de repos contre une semaine pour les 76ers, sachant que les deux séries ont été âprement disputées avec des coups qui ont fusé de toutes parts.

Côté Sixers, comme cela l’a été très justement souligné par certains observateurs avertis, le Heat a constitué une initiation parfaite pour les jeunes joueurs que sont Simmons, Embiid, Saric et compagnie. Comme les Celtics, le Heat était dirigé par un coach élite, qui a su créer une équipe extrêmement soudée et appliquée. Comme Brad Stevens, Erik Spoelstra a fait bien plus que relever le gant cette saison en jouant habilement avec les différents profils de joueurs qui composent l’effectif assez dense dont il a pu bénéficier.

Très clairement, l’intensité physique extrêmement élevée et les quatre matchs extrêmement serrés ont été riches en enseignements pour Brett Brown et ses ouailles, qui ont en plus pu bénéficier d’une semaine de repos réparateur après une saison régulière harassante.

1) Les dynamiques en présence

Grâce à leur superbe collectif et au génie de leur coach, les Celtics ont réussi à arracher la victoire des immenses mains de Giannis Antetokounmpo et ses amis albatros. Même si ce fut moche, voire même très très moche par moments, les joueurs de Bean Town ont réussi là un bel exploit en réussissant, avec une équipe uniquement composée de role players, à sortir l’équipe d’un joueur top 10 NBA, qui possédait les 2 meilleurs joueurs de la série dans ses rangs et concentrait 10x plus de talent brut.

On ne manquera pas de s’incliner devant la superbe performance d’Al Horford au Game 7 et sa régularité sur toute la série.

Malgré tout, il faut aussi remettre certaines choses en place: les Bucks ont produit une bouillie de basket avec une attaque assez statique (259 passes par match seulement contre 330 pour les Celtics), qui a vécu grâce aux exploits du Greek Freak et de Khris Middleton.. et péri avec eux.

La série qui approche opposera les deux équipes qui ont fait le plus de passes par match parmi toutes les équipes qualifiées en playoffs (332 pour les Sixers contre 330 pour les Celtics). Deux équipes extrêmement joueuses et appliquées, qui allient savamment l’expérience de vétérans comme Horford et Redick au talent brut de leurs jeunes joueurs, Simmons, Embiid et Brown en tête.

Du côté des coachs il n’y a pas grand chose à dire: Brad Stevens a coaché comme à son habitude. La seule différence c’est qu’en général il y a un individu un minimum compétent assis sur le banc adverse qui est chargé de contrer ses plans. Or sur le banc des Bucks, on a surtout vu un ersatz blanc de Tyronn Lue.

Côté Sixers Brett Brown a parfaitement joué le coup face au Heat d’un Spoelstra qui a fait ce qu’il a pu: ce qui était le plus sensé et avait le plus de chances de mener son équipe à la victoire mais faute de talent brut et faute de Whiteside, l’entreprise s’est très vite avérée irréalisable.

2) Les matchups clés

Difficile de trancher sur ce point parce que les possibilités sont nombreuses: bloquer Embiid, la défense sur Simmons, le rebond, la réussite au tir des Celtics, la défense en transition, etc… du coup je vais procéder à  une analyse globale.

Joel Embiid est l’un des deux seuls joueurs qui actuellement en NBA ont le pouvoir de repousser l’attaque adverse hors de la restricted area (et donc presque par ricochet des corners). L’autre pivot concerné n’étant autre que Rudy Gobert, l’on se doit de tirer les enseignements de la série remportée par Rudy et sa bande sur le Thunder.

Cette série s’est justement avérée très riche en enseignements: OKC, repoussé hors de la restricted area, est tombé dans le piège du mid-range, ce qui n’a évidemment pas été rentable et a fini par les précipiter dans l’abîme du hero ball.

La différence ici est que ces Celtics, contrairement au Thunder, sont coachés et même très bien coachés. De plus, ils n’ont de toute façon pas les joueurs pour ne serait-ce qu’envisager de tenter leur chance au jeu du hero-ball. On peut partir sur le postulat qu’ils resteront appliqués quoi qu’il arrive, même si les shoots ne rentrent pas.

Le problème reste néanmoins le même pour Brad Stevens: comment gagner sans avoir une réussite correcte dans la restricted area ?

La solution la plus évidente consisterait à tout faire pour sortir le camerounais de la raquette. Or le coeur du problème est là et semble insoluble pour les Celtics: s’ils veulent obliger Embiid à sortir, ils devront shooter avec pas mal de réussite… ce qui requiert des shooteurs, qu’ils soient réguliers ou même de série. Or les Celtics n’ont qu’un seul joueur de ce type en la personne de Jayson Tatum… Sachant que ce dernier n’a shooté qu’à 30% derrière l’arc face à la très faible défense des Bucks. De plus, excepté le dernier n°3 de la draft, toujours face aux Bucks, seul Marcus Morris est parvenu à tirer son épingle du jeu sur ce plan là.

Contre une défense élite comme celle des Sixers, on ne peut que conclure que cela risque d’être très très très compliqué pour les Celtics de scorer suffisamment pour se donner une chance de gagner, d’autant plus si la différence se fait en fin de match: comme on a pu le voir contre le Heat les hommes de Brett Brown, Embiid en tête, ont montré être capables de runs défensifs impressionnants et les probabilités que l’on revoie des périodes de 4,5 voire 6 minutes sans encaisser de points ou très peu sont assez élevées.

On en termine avec deux derniers éléments clés: le rebond et la capacité à scorer quand l’adresse longue distance n’est pas au rendez vous.

Côté rebond, on ne peut pas vraiment se fier aux stats des Celtics qui ont joué une équipe absolument catastrophique dans ce secteur. La stat de saison régulière n’a pas grand intérêt non plus: Boston était une équipe moyenne sans plus de ce côté. Côté Philadelphie en revanche, même si Whiteside a été fantomatique l’on ne peut pas passer à côté de l’énorme performance des Sixers: presque 30% de rebonds offensifs (meilleure équipe des playoffs) et 55% de rebonds sécurisés (2e meilleure équipe des playoffs derrière les Warriors), le tout avec l’absence de Joel Embiid à compenser. A voir ce que cela donnera contre l’armée verte mais tous les voyants sont justement au vert.

Maintenant mettons les équipes sur un pied d’égalité: si l’adresse n’est pas là, qui gagne ?

On l’a vu contre le Heat, si les tirs extérieurs persistent à ricocher sur l’arceau, l’utilisation de fixations poste bas pour Joel Embiid permet de beaucoup de situations compliquées. Si besoin est, Ben Simmons a la capacité de forcer le verrou en pénétration grâce à sa puissance et à son toucher près du cercle.

Côté Celtics on en revient au début du problème: si Jayson Tatum a tout d’un futur grand, on a vu sur ce début de playoffs que le costume est encore trop grand pour lui. Même s’il est quasi certain que ledit costume lui ira comme un gant assez vite, cela semble vraiment trop court pour cette année, pour lui comme pour Jaylen Brown d’ailleurs. Globalement, Boston pourrait payer cash son manque de joueurs capables de jouer leur 1 contre 1 et de forcer le verrou défensif adverse dans des situations où leur adresse extérieure les abandonne.

3) Le facteurs X

Là aussi plusieurs choix possibles mais au vu du nombre de blessés majeurs, de la fatigue de la dernière série et de la difficulté de celle qui s’annonce, on peut envisager la possibilité que les Celtics se disent à un moment que leurs playoffs sont déjà un succès avec la victoire remportée au premier tour, qu’ils n’iront de toute façon pas plus loin, même en se battant jusqu’au bout et que l’important au final est de revenir fort l’année prochaine en ayant fait engranger le maximum d’expérience à leurs jeunes pousses.

Bien évidemment, il ne faut surtout pas sous-estimer ces Celtics qui ont fait preuve d’une détermination sans faille face aux Bucks, mais ils restent humains et comme tout humain ils peuvent très bien arriver à saturation s’ils voient que l’énigme qu’ils doivent résoudre s’avère insoluble.

Attention aussi au plan de jeu défensif de Boston: qui pour défendre sur Ben Simmons ? Smart, Brown et Tatum sont des candidats crédibles mais quand le premier est (vraiment) trop petit, les deux autres manquent beaucoup trop de force brute. Par effet domino, il faudra aussi voir comment Stevens gérera le mismatch généré par ce choix défensif: comment éviter que Robert Covington ne fasse trop de dégâts ? Sur cette question je vous laisse explorer les possibilités évoquées par Malik dans son article coaching sur le sujet:

Robert Covington et les mismatchs de Simmons

4) Le pronostic

Il est à la fois compliqué et facile de pronostiquer cette série, que ce soit au niveau du score ou du vainqueur.

Compliqué car il est malgré tout très difficile de gagner un match à l’extérieur en playoffs, a fortiori au TD Garden et que les 76ers vont devoir composer avec un public hyper hostile et une vraie ambiance de playoffs.

Malheureusement pour Bean Town, le pronostic en devient facile quand on prend en compte l’absence de Jaylen Brown au Game 1, on voit très difficilement comment les Celtics vont faire pour remporter ce match. J’invite les sceptiques à aller jeter un oeil au net rating des lineups des Celtics et à comparer entre celles où il est présent et où il ne l’est pas. L’écart est tout simplement stupéfiant.

Partant de là, on devine assez facilement que le point de tension de la série sera le Game 2. Si les Celtics gagnent, ils se donnent une chance de faire durer la série tout en sauvant d’ores et déjà l’honneur. Si les Sixers gagnent, le sweep sera chose quasi certaine.

Du côté des autres rédacteurs on est relativement cléments avec les Celtics avec un 4-2 pour Gajs et un 4-1 pour Rodi. Tous deux voient eux aussi une victoire de nos 76ers.

Pour ma part j’ai beaucoup hésité sur ce pronostic mais avec l’absence de Jaylen Brown au Game 1, déjà que j’avais du mal à voir comment Boston pouvait scorer suffisamment pour rendre cette série intéressante, j’arrive systématiquement à la conclusion que cette série se conclura par un sweep en faveur des 76ers.

Bonne série à tous et Trust the Process !

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