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Road to the Ring, chapitre 1: Comment faire passer les Sixers de contender à véritable prétendant au titre ?

Récemment, Joel Embiid et Brett Brown ont tous les deux déclaré n’avoir besoin de personne de plus pour faire gagner une bague de champion aux 76ers. Pour ceux que cela amuse, voici leurs déclarations:

« Je pense que c’est notre moment. Nous avons une équipe spéciale avec beaucoup de bons gars. Je ne pense pas que nous ayons besoin de quelqu’un d’autre. Nous devons juste travailler avec ce que nous avons. Nous avons une équipe spéciale et j’ai le sentiment que nous avons une bonne chance d’aller loin. »

Joel Embiid

« Je suis certainement juge et partie mais en regardant ces playoffs et notre équipe, je pense que nous avons une marge de progression aussi grande que n’importe qui. Je le vois comme une opportunité vraiment excitante. On sort du lycée et maintenant nous sommes à l’école supérieure, et nous avons une chance d’en apprendre beaucoup plus. Et nous en avons besoin. »

Brett Brown

« Quand l’attaque ne fonctionne pas bien pour moi, je peux faire beaucoup de choses, être un monstre défensivement, poser des écrans en attaque, m’ouvrir vers le cercle et obtenir des rebonds offensifs, jouer avec de l’énergie si les tirs ne tombent pas. Je peux faire beaucoup de choses offensivement, mais je pense que l’essentiel, surtout quand ça ne va pas comme je le veux, c’est d’être un monstre en défense. »

Brett Brown

Goûtant généralement assez peu à  ce genre de déclarations qui visent surtout à lancer des fleurs aux coéquipiers et à maintenir une atmosphère positive, je me suis néanmoins posé la question qu’elles ont le mérite de soulever: Avec une possible finale de conférence (voire finale NBA ?) dès cette année, les 76ers ont dépassé les rêves les plus fous de tous leurs fans. Malgré tout, quand bien même elle rallierait les finales NBA, cette équipe n’a de toute évidence pas encore le niveau pour rivaliser avec les Warriors.

La question que je me suis posé est donc la suivante: Comment faire ?

Il n’y a que quatre manières de se renforcer en NBA: les échanges, la draft, la progression en interne et la free agency. Excluons d’emblée les trades, qui ne peuvent pas être prévus à moyen terme.

Commençons par la draft.

Bien évidemment, les chances de remporter la loterie sont quasi nulles et c’est pourquoi cet aspect du sujet sera traité rapidement. Mais.. si jamais la main du destin venait à intervenir, la donne pourrait totalement changer pour les disciples de Brett Brown: en ajoutant Luka Doncic à un roster déjà blindé de futures superstars, l’on pourrait voir la naissance d’une équipe qui, non contente d’être un orgasme basketballistique permanent, deviendrait tout simplement innarrêtable d’ici 2-3 ans.

Sur la progression en interne, 4 noms se détachent: Embiid, Simmons, Fultz et Saric. 4 futurs All-Stars. 1 potentiel DPOY. 3 potentiels MVP. C’est du lourd, certes, mais en dehors d’Embiid qui a environ 50% de chances d’être DPOY dès cette année, ça prendra du temps, beaucoup de temps. L’avantage, c’est que tous les quatre sont beaucoup plus jeunes que les Warriors et qu’il est parfaitement possible de se placer comme candidat naturel à leur succession… ainsi qu’à celle de LeBron James, ce qui n’est déjà pas rien.

Toutefois.. vu ce qu’a déjà montré cette équipe, je me suis demandé comment les Sixers pourraient parvenir à vaincre l’hydre des Warriors.

Pour vaincre l’hydre de Lerne, Héraclès a tranché chacune de ses têtes, que son neveu Iolaos a brûlé afin de les empêcher de repousser. Il a ensuite trempé ses flèches dans le venin de l’hydre, rendant ainsi létal le moindre de ses traits. Longtemps après sa mort, ces flèches furent celles qui tuèrent Pâris lors de la chute de Troie. Voici pour la minute mythologie.

Là où on en revient au basket (et vous l’aurez sans doute deviné au vu des dernières phrases), c’est qu’il sera possible de couper l’une des têtes de l’hydre à l’été 2019. Cette tête, c’est Klay Thompon, qui sera libre d’aller répandre son venin où bon lui semblera. Si Fultz devrait normalement récupérer la place d’arrière titulaire la saison prochaine et la verrouiller pour très longtemps, l’on pourrait envisager que le front office garde sa marge salariale cet été pour tenter de s’offrir le Splash Bro l’été prochain et ainsi faire coup double: porter un énorme coup aux Warriors et récupérer le meilleur 3&D de la ligue.

Cette hypothèse, bien que très alléchante sur le papier, ne tient pas la route. Cet été déjà, les Sixers devront resigner Belinelli, Redick et Ilyasova, ce qui n’est tout de même pas négligeable. A la rentrée 2019 il faudra ensuite payer Ben Simmons et Dario Saric. Autant dire que faire venir Thompson impliquerait de faire exploser la luxury tax, sujet sur lequel le propriétaire ne s’est pas encore exprimé. A oublier donc.

On en vient aux deux sujets brûlants: LeBron James et Paul George.

Les deux ont un point commun: ils vivent une saison qui ferait passer la retraite de Russie pour une soirée plage. Les Cavaliers se retrouvent avec un écart abyssal entre LeBron et le deuxième meilleur joueur de leur effectif et sont aujourd’hui menacés d’élimination dès le premier tour par une équipe qui, sans lui faire offense, est la plus pauvre en talent pur derrière les Celtics.

Du côté du Thunder, bien qu’ayant connu des débuts encourageants, l’équipe n’était visiblement pas coachée et les 3 joueurs majeurs du Thunder (en théorie du moins) sont presque simultanément retombés dans leurs pires travers: la saison régulière a été mauvaise avec une 4e place en trompe l’oeil, l’équipe n’est pas parvenue à se créer une identité, Carmelo Anthony n’est plus que l’ombre du joueur qu’il a été (et encore je suis extrêmement généreux), la défense a coulé à pic après la blessure d’Andre Roberson et Russell Westbrook a désespéré même ses plus ardents défenseurs en continuant son insupportable stat padding et en ne s’adaptant pas du tout à sa nouvelle équipe. Résultat: une maintenant très probable piteuse élimination au premier tour face à un Jazz qui leur donne une véritable leçon de basket.

Comme expliqué dans ces deux articles, les Sixers devront envoyer Bayless et leur choix de draft pour pouvoir proposer une offre au maximum salarial cet été. Néanmoins attention: il faudra quoi qu’il arrive penser aux futurs contrats de Ben Simmons et Dario Saric qui arriveront très vite.

Quid donc de ces deux éventualités ?

Bien évidemment, dans le cas de LeBron James, pas besoin de disserter 5 ans sur le sujet, les 76ers accéderaient automatiquement au statut de concurrent numéro 1 des Warriors et pourraient prétendre à les faire tomber dès l’année suivante. Sur le papier, une lineup Simmons-Fultz-James-Saric-Embiid laisse songeur vu les possibilités de pratiquer un jeu particulièrement agréable à l’oeil.

Personnellement je suis convaincu que LeBron acceptera d’être coaché quand il sera pour la première fois face à un coach qu’il respecte humainement ET professionnellement. David Blatt avec du caractère quoi. Or Brett Brown a démontré cette saison être un très bon entraîneur, chose qu’il fait plus que confirmer sur ce début de playoffs. Cerise sur le gâteau, Brown est réputé partager avec son ancien mentor un côté irascible, ce qui lui sera fort utile si jamais le King décide de collaborer avec lui. Attention tout de même, la possibilité que LeBron se révèle comme réellement incoachable existe, tout comme la possibilité qu’il essaie de prendre le contrôle de la franchise. Seul l’avenir dira si le jeu en aura ou non valu la chandelle si le King venait à rejoindre Philadelphie.

A voir aussi si Brett Brown a vraiment les épaules pour gérer un tel personnage, car en l’état, si on fait les comptes, hormis Ben Simmons qui semble être l’alpha male du groupe, Joel Embiid est, du moins aux dires de ses coéquipiers, quelqu’un d’assez timide et réservé en privé, Dario Saric pourrait tenter sa chance au roi du silence contre Kawhi Leonard (j’exagère à peine) et Markelle Fultz, de ce qui ressort là aussi des dires des coéquipiers, journalistes et autres qui le côtoient, est quelqu’un de très timide et réservé, impression que son visage poupin n’aidera pas à démentir. Le point commun entre les 4 ? Tous en ont énormément bavé avant de recevoir toutes les louanges d’aujourd’hui.

Là où l’arrivée de LeBron James serait la plus intéressante, c’est peut-être sur le plan humain. Rien ne dit qu’en l’état les 76ers seront capables de confirmer l’année prochaine et de se maintenir sur le podium de l’Est. Rien ne dit qu’ils seront encore en mesure de remporter des séries de playoffs et de s’affirmer comme un véritable contender. Or qui mieux que LeBron pour leur apprendre à gérer ce type de pression, lui qui a dû supporter et assumer une pression inimaginable depuis ses 16 ans ? Etant lui aussi à la croisée des chemins, le Chosen One pourrait apporter une expérience et une assurance assez unique à cette jeune équipe, tout en lui faisant automatiquement franchir un palier sur le plan purement basket. Que demande le peuple ?

Pour terminer, même si cela impliquerait de payer une forte luxury tax à moyen terme, Philadelphie est un gros marché et il serait assez aisé pour le propriétaire de rentrer dans ses frais en attirant une mégastar comme LeBron James.

Quid de Paul George maintenant ?

Le dossier a moins d’arguments que celui de LeBron James, c’est évident. On a pu voir cette saison les mauvais côtés du bonhomme, mais il n’en reste pas moins que l’upgrade par rapport à Robert Covington resterait démesuré. Avec Paul George, Philadelphie deviendrait vraisemblablement et sans grande surprise la meilleure défense de la ligue. Avec lui, elle aurait un joueur qui peut jouer l’isolation en fin de match, attaquer le cercle, créer pour les autres, bref, une palette bien supérieure à celle de Covington, lequel deviendrait automatiquement un des meilleurs remplaçants de la ligue. Même s’il réalise une énorme saison, l’ami Roco ne peut pas soutenir la comparaison avec un membre de l’élite du poste 3, qui est la classe dominante actuellement en NBA.

Dans ce cas de figure aussi les 76ers pourraient prétendre à faire tomber les Warriors mais seraient quand même nettement moins crédibles qu’avec James.

Nombreux sont ceux qui redoutent le côté omnipotent de LeBron James, bien que cela ne soit qu’à moitié justifié puisqu’au final il a plié quand c’était nécessaire, à savoir pour que le Big Three du Heat fonctionne et puisse aller au bout. Pour ceux là, l’arrivée de Paul George ferait potentiellement plus sens que celle du King car lui n’a pas le quart de la moitié de l’aura requise pour prétendre contrôler une franchise. De plus, l’écart de talent et de maturité entre lui et l’équipe actuellement en place serait bien moins important (il a quand même 6 ans de moins que LeBron, rappelons-le), ce qui permettrait un meilleur fit. Pourquoi pas, l’hypothèse se défend. Néanmoins sachant que le prix sera le même pour les deux et qu’il est couru d’avance que le front office se positionnera sur les deux, autant prendre le meilleur.

Laissant parler mes espoirs de fan, je laisse donc en suspens et à ton appréciation, cher lecteur, la question d’à qui reviendra la charge de « Complete the Process » ?

Ma réponse est simple et tient en peu de mots: « Au plus digne ».

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