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Jahlil Okafor

Jahlil Okafor et Nik Stauskas envoyés à Brooklyn

Annoncé comme imminent le 12 février, le départ de Jahlil Okafor de la franchise qui l’a sélectionné en troisième position lors de la draft 2015 s’est concrétisé 11 mois plus tard. Le pivot est envoyé en compagnie de Nik Stauskas et du choix du second tour 2019 des New York Knicks aux Brooklyn Nets en échange de Trevor Booker.

Ce mouvement était attendu. Cette saison, Jahlil Okafor n’a joué que 25 minutes en deux apparitions, et Nik Stauskas qui a été gêné par plusieurs pépins physiques, seulement 45 minutes en 6 matchs. Il était même vivement espéré par l’entourage de Jahlil Okafor, son père n’hésitant pas à arborer des T-Shirts floqués d’un cinglant « Free Jah » dans les coursives du Wells Fargo Center.

De ce que le contenu du trade nous apprend sur sa nature 

L’avenir de Jahlil Okafor chez les 76ers a été largement débattu depuis sa sélection en troisième position lors de la draft 2015 par une franchise qui comptait déjà dans ses rangs, un Nerlens Noel qui avait démontrer sa panoplie de pivot défensif moderne, redoutable protecteur de cercle, capable de défendre dans le périmètre jouissant de mains très rapides, et un Joel Embiid, qui venait de subir une rechute synonyme de seconde saison blanche. Dès sa sélection, la coexistence de Jah avec ses deux partenaires ne pouvait être que temporaire. Pis encore, le départ de Nerlens Noel lors de la dernière trade deadline n’offrait guère plus de perspectives au pivot issu de Duke tant ses lacunes défensives éclipsaient largement ses aptitudes de scoreur au poste bas.

Un peu plus de deux ans après sa draft, Jahlil Okafor était devenu une pièce marginale de l’effectif pennsylvanien, au point que le front office a décliné l’option dont la franchise disposait pour une dernière année de contrat. De telle sorte que Jahlil Okafor à l’instar de Nik Stauskas sont des contrats expirants. Et c’est ainsi qu’ils doivent être considérés dans cet échange. Comme des contrats que les 76ers devaient envoyer aux Brooklyn Nets afin de se conformer aux règles du CBA. La bonne lecture de la transaction est la suivante : les 76ers ont cédé un choix du second tour pour recruter Trevor Booker jusqu’à la fin de la saison. C’est dire à quel point, le bureau exécutif pennsylvanien n’a pas été en mesure de juguler l’érosion de la valeur du troisième choix de la draft 2015 et accessoirement celle du huitième choix de la draft 2014. A cet égard, il est peu probable que Sean Marks ait ciblé Okafor ou Stauskas particulièrement. Les deux joueurs sont en fin de contrat et si le second peut s’intégrer dans les schémas de jeu de Kenny Atkinson, il serait surprenant que Jahlil Okafor trouve une place de choix au sein de sa nouvelle équipe.

Dès lors, Trevor Booker est-il un renfort de choix pour Brett Brown ?

Trevor Booker est un intérieur de 2.03 mètres, drafté en 23ème position lors de la draft 2010 et passé par trois équipes, les Wizards (2010-2014), le Jazz (2014-2016) et les Nets depuis l’été 2016. En carrière, Trevor Booker affiche des moyennes de 7,1 points à 51,5% de réussite dont 31% à trois points, 5,7 rebonds, 1,1 passe et 0,7 interception. Au sein d’une faible équipe des Nets, il a sensiblement amélioré ses standards : 10,0 points, 7,8 rebonds, 2 passes et 0,9 passe en un peu plus de 24 minutes de temps de jeu. Fait notable, Trevor Booker s’est mis à shooter à trois points lors des trois dernières années. Il n’avait tenté que 10 tirs derrière l’arc lors de ses quatre années à Washington (pour une réussite) avant de prendre sa chance à 84 reprises pour son premier exercice dans l’UTAH. Depuis, il affiche un 69/216 qui ne dit pas tout de son efficacité à longue distance. Trevor Booker demeure un shooteur à trois points très irrégulier, capable de réaliser une saison à 34,5% (2014-2015) comme une à 25,0% (2017-2018).

Le développement de ce shoot à trois points s’accompagne d’une autre évolution majeure dans son jeu. Lorsqu’il est arrivé dans la Ligue, Trevor Booker jouait 25% de ses minutes dans le périmètre, ce qui faisait de lui un poste 4.

Cette saison Trevor Booker est bien plus régulièrement utilisé comme un pivot dans une configuration small-ball. Le départ de Brook Lopez pour Los Angeles et l’évolution du jeu en NBA ont contribué à ce repositionnement du néo-sixer. Sans compter qu’à 30 ans, Trevor Booker n’a peut-être plus la mobilité nécessaire pour défendre dans le périmètre.

En dehors d’une situation de post-up où il serait défendu par un adversaire plus petit, Booker créé peu pour lui-même en attaque. En revanche, il va couper au cercle, se battre pour les rebonds offensifs. Son répertoire offensif repose essentiellement sur sa force et ses efforts bien davantage que sur ses qualités techniques. Selon Synergy Sports, cette saison, 61,2% des paniers inscrits par Booker sur demi-terrain l’ont été à proximité du cercle sur des situations de non post-up et seuls 15,8% l’ont été sur des jump shots.

Dès lors, c’est de l’autre côté du parquet qu’on peut attendre la contribution la plus décisive de la part de la nouvelle recrue de Bryan Colangelo. Trevor Booker est un excellent rebondeur défensif comme l’atteste son 25,5% defensive rebounding rate de la saison passée. Cette aptitude est ce qui lui vaut de pouvoir tenir le rôle de pivot en dépit de sa taille. Il est un bon défenseur côté faible, solide sur les aides, opérant les bonnes rotations. Par ailleurs, il est réputé pour être efficient en défense sur pick and roll.

Trevor Booker est un rôle player qui doit sa carrière à son intensité, son application stricte des consignes de son coaching staff. Nul doute qu’il saura se faire apprécier de Brett Brown. Le registre d’un Trevor Booker est assurément moins utile au sein d’une équipe en reconstruction comme les Nets qu’il ne le sera pour une équipe aspirant à disputer les playoffs. A cet égard, Trevor Booker vaut probablement le choix du second tour que le bureau exécutif pennsylvanien a cédé pour l’attirer sur les rives du Delaware.

Les 76ers avaient-ils besoin de Trevor Booker ?

Trevor Booker est assurément un renfort qui vaut un choix du second tour, au surplus pour une équipe qui dispose d’une pléthore de sélections dans le prochain millésime et qui a vendu deux choix du second tour lors de la précédente draft. Pour autant, il est moins évident que le profil de Trevor Booker soit celui idoine pour densifier les rotations de Brett Brown.

Trevor Booker est un piètre shooteur et évolue à une position où les 76ers disposent d’un jeune joueur, Richaun Holmes, dont le développement doit toujours être considéré en dépit des ambitions sportives des dirigeants et d’un vétéran signé pour 11 millions de dollars cet été en la personne d’Amir Johnson. De même, le poste 4 n’est pas le moins bien doté, au moins si on considère le côté défensif : Dario Saric et Ben Simmons sont des défenseurs naturels à cette position, sans compter la capacité de Robert Covington à en faire de même quand les circonstances l’exigent.

Si Ben Simmons et Trevor Booker sont suffisamment polyvalents pour qu’on puisse imaginer des configurations où l’adition du second serait profitable, il va sans dire, que le recrutement d’un renfort à l’aile était bien plus prioritaire. Les 76ers ont toujours la possibilité d’opérer d’autres ajustements d’ici la trade deadline mais à ce jour, les lacunes de l’effectif demeurent inchangées.

Seul face à la lumière blafarde de mon League Pass, j'ai décidé une nuit de créer un site pour rassembler les fans des Philadelphia Sixers. Si vous lisez cette bio, c'est déjà une victoire.

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